Exposition - restitution de résidence. Vernissage : 24 mars. Visite presse : 26 mars.
Louisa Marajo (1987, Martinique) réalise des installations, des sculptures et des montages photographiques qui évoquent la complexité du chaos écologique, historique et social qui traverse son lieu de naissance, la Martinique, société postcoloniale traversée par les ouragans, la pollution des sols, les sargasses (algues invasives qui s’accumulent sur les littoraux) …
La mer est au cœur de son travail, élément de métamorphose liquide et vecteur de mémoires.
Depuis 2018, elle s’intéresse au désastre que représente la prolifération des sargasses notamment dans la mer des Caraïbes. L’artiste travaille avec ce fléau, le considérant comme un élément de narration nouvelle à développer avec l’océan. Comment matérialiser la mer à l’heure du dérèglement climatique ? Ses installations s’accompagnent de plus en plus de textes-poèmes qu’elle écrit comme une autre manière de voyager dans son imaginaire.
Pour l’exposition La solidarité des destins, Louisa Marajo est allée à la rencontre d’acteurs et actrices du monde de la pêche professionnelle, elle a pu embarquer sur des chalutiers et des bateaux « petits métiers », vivre au rythme d’un port, connaître le quotidien de ces hommes et de ces femmes dont la vie toute entière est consacrée à la pêche. Suite à ce temps d’immersion, Louisa Marajo a produit un nouveau court-métrage, des images et des textes, une série de sculptures et d’objets, qu’elle présente dans une scénographie immersive pensée spécifiquement pour une des salles du Crac.
Entre banquet de science-fiction, criée onirique et atmosphère des fonds marins, Louisa Marajo plonge les visiteurs et les visiteuses dans l’espace du rêve. Comme elle l’écrit elle-même au sujet de son court-métrage : « Rêve éveillé, chemin initiatique, ce film est un hommage à ce rapport singulier à la mer-nature aimée à qui nous devons tout, un hommage à la passion de la pêche, ce monde menacé aujourd’hui par ce changement d’époque que nous vivons. Quel chemin prendre ensemble, afin de ne pas devenir hors-sol et tenter de rester connecté·e·s et relié·e·s à cet élément primordial, nourricier et essentiel, ce fragment de nous-même qu’incarne la mer, espace magique irremplaçable (…). Quel chemin prendrons-nous ensemble ? »
Le titre de l’exposition La solidarité des destins rappelle la nécessité et l’urgence de ne pas séparer les différents régimes du vivant, interconnectés de manière radicale et profonde.