Conférencière : Marie-Laure Ruiz-Maugis, historienne de l’art Cycle : L’ENFANT DANS LA PEINTURE
Retracer la représentation de l’enfant dans la peinture est une histoire riche et passionnante. Enfant royal ou princier, bourgeois, paysan, ouvrier, fils ou fille de l’artiste, toutes les catégories sont représentées au fil des siècles. L’enfant fait partie d’un dessein privé, dynastique ou collectif, et ce n’est que progressivement qu’il sera considéré pour lui-même.
Mais ce qui apparaît surtout, c’est qu’à toutes les époques et dans toutes les écoles, l’enfant plaît aux peintres et que sa figuration fait naître des chefs-d’œuvre.
Est-ce parce que l’on connaît moins certaines écoles de peinture qu’elles sont moins dignes d’intérêt ? L’enfant est un formidable moyen d’entrer dans les écoles anglo-saxonnes d’une part et nordiques et russe d’autre part. On voit que des ponts existent avec les autres écoles de peinture tant les idées et les peintres voyagent.
Van Dyck influence la peinture anglaise (Reynolds, Gainsborough) qui à son tour, associée aux peintures hollandaise et française, imprègne les représentations d’enfants des États-Unis (des premiers colons au 20e siècle).
Les pays scandinaves et la Russie sont également très riches en images d’enfants, qui éclairent autant leur place dans la bourgeoisie que dans les milieux populaires voire miséreux.