Le Mrac présente Une pensée pour les familles des vitrines , une exposition consacrée au travail des graphistes Huz & Bosshard, acteurs essentiels mais souvent invisibles de la vie du Mrac Occitanie.
Depuis plus de 10 ans, le duo de graphistes conçoit flyers, affiches, livrets de salle, programmes, cartons d’invitation pour le musée : ces objets graphiques accompagnent les expositions, les événements et la programmation du musée. À travers cette exposition, le Mrac Occitanie met en lumière une pratique fondamentale : celle du design graphique comme outil de médiation, de collaboration et de création à part entière.
Pensés pour informer, orienter ou séduire, ils sont par nature éphémères, souvent manipulés, emportés, parfois jetés ou collectionnés par le public. Leur fonction première les destine rarement à être conservés, encore moins exposés. Pourtant, ils constituent une mémoire visuelle précieuse et témoignent d’un travail de conception rigoureux, sensible et engagé.
L’exposition propose de revenir sur ces productions graphiques en les extrayant de leur contexte d’usage pour les considérer comme des objets culturels à part entière. Elle dévoile les coulisses du travail des graphistes du musée : leurs méthodes, leurs choix esthétiques, leurs contraintes, mais aussi leur dialogue constant avec les équipes curatoriales, les artistes invité·es, l’équipe du musée et l’identité de l’institution. Par essence, le travail des graphistes est collaboratif, c’est donc tout naturellement qu’ils ont souhaité inviter les artistes Camille Llobet et Matthieu Saladin à intervenir dans leur exposition. Dans cette relation, le design graphique agit comme une interface, à la fois au service des œuvres et capable d’en proposer une lecture singulière, parfois critique, parfois normative. Il en résulte aussi une réflexion convergente sur la notion de travail, d’archive et de partage.
En mettant en regard différents projets de communication réalisés sur les dix dernières années pour le musée et par extension dans d’autres contextes, l’exposition souligne la dimension collaborative du design graphique. Chaque projet est le fruit d’un échange, d’une interprétation et d’une traduction visuelle d’un propos artistique ou scientifique. Le graphisme devient alors un espace de rencontres entre le musée et les artistes, entre le contenu et le public.
Au-delà de la valorisation d’un travail parfois relégué à l’arrière-plan, Une pensée pour les familles des vitrines interroge les enjeux contemporains du design graphique : sa visibilité, sa pérennité, son statut entre fonction et création. Elle invite le public à porter un nouveau regard sur ces formes familières, à repenser leur rôle dans l’expérience des lieux culturels et à reconnaître le graphisme comme un langage essentiel de notre environnement visuel.
L’exposition de notre travail au Musée régional d’art contemporain à Sérignan est nécessairement collective. Que ce soit dans la conception des supports de communication pour le musée ou d’autres institutions, de livres ou encore d’autres médiums dont la variété fait le design graphique, notre pratique se réalise à la croisée d’autres, à la rencontre des artistes, des commissaires d’exposition et des critiques d’art, des éditeur·ices et des chef·fes de fabrication, des iconographes ou encore des typographes. C’est avec toutes ces personnes que l’exposition se construit.
Ce graphisme ordinaire, s’il accompagne des œuvres n’en est pas une pour autant et l’exposer ne peut en offrir qu’une vue partielle, hors contexte. Ces documents éphémères que nous dessinons sont voués à disparaître : ils apparaissent lorsque le besoin s’en fait sentir – un carton pour annoncer une exposition, une affiche pour communiquer un événement –, et s’évanouissent dès lors que leur mission s’achève. Leur usage est limité dans le temps et l’espace.
Autour de cette production quotidienne, il existe également des œuvres dans lesquelles notre production s’inscrit. Nous avons ainsi invité deux artistes avec qui nous avons collaboré et collaborons au moment de cette exposition : Camille Llobet et Matthieu Saladin avec qui nous sommes traversés par des questions de travail au sens large. L’exposition explore comment le design graphique est en travail, sert au travail ou parle du travail.